Choisir l’essentiel et laisser faire le reste

Éloge de la lenteur de Carl Honoré a été le premier livre que j’ai lu sur le slow living. Ce livre a été en quelque sorte le point de départ de mon aventure vers plus de lenteur et de simplicité. Je ne me souviens pas exactement quand je l’ai lu, mais le livre était assez récent, soit autour de 2007. Mes enfants étaient des bébés et les propos de l’auteur avaient semé des graines dans mon esprit.

C’est avec le recul (en fait plus de 10 ans après) que je peux maintenant mesurer l’impact de cette lecture sur ma vie de femme, de mère et de professionnelle.

Livre Éloge de la lenteur de Carl Honoré | Photo par Josée Tardif Une lecture à la fois
J’ai récemment racheté Éloge de la lenteur de Carl Honoré, un livre précurseur du Slow Movement.

Ex-gestionnaire/bibliothécaire à l’agenda très chargé, j’ai longtemps cherché à performer à tout prix, à vivre à fond mon rêve de femme qui fait tout, en même temps tout en rendant tout le monde heureux autour de moi. Pendant 12 ans, j’ai eu 2 grosses jobs, j’ai enfilé les réunions et les obligations, les responsabilités, les sorties, les purées maison, les couches lavables, le bénévolat, les comités… Je disais oui à toute opportunité/activité parce que c’était « shiny », parce que je souhaitais ne rien laisser passer.

J’avais une idée bien précise en tête de la successful femme de carrière heureuse et bien dans sa peau que je souhaitais devenir.

Sauf qu’après un certain à vivre à ce rythme, j’ai compris que ce n’était ce que je voulais. J’ai compris que je pouvais choisir de ralentir. C’est ce que j’ai fait. Depuis plus de 10 ans, je ralentis.

Cette belle intro m’amène à vous parler du livre Essentialism : The Disciplined Pursuit of Less de Greg McKeown. Ce livre m’a aussi permis de peaufiner encore plus mes priorités et ma capacité à discerner l’essentiel du superflu. Bien que ce livre soit axé sur le monde du travail, les principes abordés s’appliquent, à mon avis, à toutes les sphères de vie.

Livre Essentialism, the Disciplined Pursuit of Less de Greg McKeown | Photo par Josée Tardif Une lecture à la fois

Aller à l’essentiel pour vivre pleinement

If you don’t prioritize your life, someone else will.

Choisir, ce n’est pas facile. Face à une multitude de choix, la fatigue décisionnelle s’installe. La peur nous taraude et les questionnements incessants (pour les plus anxieux) nous empêchent même de prendre une décision. Quelle est la meilleure option? Vais-je regretter mon choix? Est-ce que j’investis mon temps et mon argent à la bonne place? Comment savoir?

Si on dit oui à une opportunité emballante, on dit alors non à une autre. On fait des compromis et c’est nécessaire pour se concentrer sur les projets qui nous tiennent réellement à cœur. Comme l’indique l’auteur, le « nonessentialist » se dit how can I dot it all?  tandis que « l’essentialist » se demande what can I go big on?

En réfléchissant bien, j’aime mieux me concentrer sur quelques trucs plutôt que de m’éparpiller dans trop de projets. Et ça veut dire que je choisis de dire NON à plein de trucs emballants pour me concentrer sur ce que je veux vraiment.

Pour nous aider à revenir à l’essentiel, l’auteur propose une démarche en trois temps :

  • Explorer
  • Éliminer
  • Passer à l’action

Explorer

Comment reconnaître ce qui est vraiment important à nos yeux? En se questionnant régulièrement sur ses valeurs et priorités.

  • Qu’est-ce qui m’inspire, me motive?
  • Qu’est-ce qui m’énergise et me pousse à me dépasser?
  • Quels sont mes talents?
  • Comment je souhaite vivre? Qu’aimerais-je léguer? Qu’est-ce que mon futur moi souhaiterait que je fasse maintenant?

Bien se connaître est le travail d’une vie et chaque moment est une occasion d’aiguiser notre connaissance de soi. C’est grâce à nos expériences au fil du temps qu’on peut mieux mettre le doigt sur l’essentiel.

Pour y arriver, on explore notre environnement et on évalue ce qui en vaut la peine selon nos valeurs et nos critères.

  • S’évader : en se rendant indisponible, on peut créer cet espace en nous pour réfléchir. S’octroyer du temps pour ressentir, pour lire, bouger, marcher, peu importe. Ces moments sont importants pour se comprendre soi-même.
  • Observer : aiguiser notre capacité à voir le portrait global de notre vie en notant dans un journal nos impressions et nos réflexions. Quel est le message principal d’une situation? Comment veut-on réellement vivre notre vie?
  • Jouer : l’humain est fait pour jouer et le jeu diminue notre stress et stimule nos fonctions exécutives. Le jeu est en soi essentiel à la vie, donc loin d’être inutile.
  • Dormir : le sommeil est essentiel pour bien fonctionner, analyser et prendre des décisions à tête reposée. Je ne suis pas insomniaque et j’ai besoin de plusieurs heures pour fonctionner efficacement.
  • Sélectionner : parce qu’on a tendance à vouloir dire oui à tout et à s’engager trop vite dans des projets, on oublie d’appliquer des critères de sélection à nos choix de vie. On a des critères, mais ils sont souvent trop vagues. On se retrouve avec un horaire hyper chargé où on se sent pris et même étouffé, alors que nous devrions bien choisir nos actions en amont. Selon McKeown, chaque nouvelle opportunité devrait passer le filtre de trois critères que nous déterminons à l’avance.

Éliminer

Cette partie du livre vous aide à :

  • Clarifier vos priorités, votre intention, votre mission. Plus c’est clair, moins on s’éparpille.
  • Oser dire non :l’auteur suggère même des façons élégantes de dire non.
  • Se désengager, c’est-à-dire se désengager d’un projet, s’il est voué à l’échec, s’il ne rencontre plus nos priorités. Parfois, on doit abandonner et accepter qu’un projet échoue.
  • Supprimer le superflu, réduire les options qui s’offrent à nous. Quand on a moins de choix, la prise de décision est plus facile.
  • Établir ses limites : parce que si vous ne mettez pas vos limites et ne les communiquez pas, les autres envahiront votre espace sans le vouloir nécessairement.

Passer à l’action

  • Se donner du temps entre deux rendez-vous, deux tâches, deux engagements, se donner du temps pour les imprévus. L’humain a du mal à évaluer le temps nécessaire à l’exécution d’une tâche ou d’un projet (planning fallacy ou biais de planification). On sous-estime le temps que prendra une tâche et on se retrouve à travailler dans l’urgence.
  • Réduire le nombre d’obstacles : en retirant les obstacles (et non en accomplissant plus), la personne qui adopte un état d’esprit axé sur «l’essentialism», cherche à ne faire que les tâches essentielles.
  • Progresser : l’art de se concentrer sur le processus et non pas seulement sur  l’objectif à atteindre. Chaque geste posé cumulera vers l’atteinte du but. Voir le livre Compound Effect de Darren Hardy pour bien comprendre l’effet cumulé de nos efforts.
  • Flow : en établissant des routines pour les éléments essentiels à sa vie, comme les repas ou l’exercice. Il s’agit de réduire le nombre de décisions à prendre en les intégrant de manière automatique à nos journées.
  • Focus : se concentrer sur le moment présence et sur ce qui est important dans l’instant. Bonne chance!
  • Être : choisir l’essentiel, se choisir, se concentrer sur ce qui compte pour nous. Accepter aussi d’être humain avec ses forces et ses faiblesses.

Simple, mais pas facile!

Revenir à l’essentiel paraît simple et facile à faire. Toutefois, par peur de manquer quelque chose (FOMO) ou de prendre la mauvaise décision (FOBO), l’humain d’aujourd’hui a beaucoup de mal à y arriver. Ne pas succomber aux demandes urgentes, aux exigences de statut social et aux nouvelles tendances exige une connaissance aiguë de nos propres priorités (changeantes) et une capacité à écarter le superflu pour se concentrer sur l’essentiel. C’est aussi vivre à contre-courant. C’est se tromper, réévaluer, recommencer.

Quelques livres inspirants sur le même thème ou presque

Bonne découverte!

– Josée

Les principes du livre Essentialism de Greg McKeown #essentialism #lecture

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