Minimalisme numérique ou comment mieux gérer sa présence en ligne

J’ai délaissé mes pages Facebook pro il y plusieurs mois. J’ai ressenti un grand soulagement en posant ce geste. Je n’avais plus à nourrir la bête, et mon ego, par le fait même. 

Faut dire qu’à un certain moment, je gérais 3 pages Facebook. Des pages que j’essayais tant bien que mal d’animer et de propulser. J’ai d’abord laissé ma page associée à mon blogue sur la dyslexie (une page qui fonctionnait très bien, selon moi) pour ensuite désactiver celle pour mes services professionnels et celle consacrée au blogue que vous lisez en ce moment.

J’ai décidé consciemment, et en chassant mon FOMO (fear of missing out), de miser sur Instagram pour ce blogue et LinkedIn pour mon travail.

C’est plus clair, c’est moins demandant, et c’est plus gratifiant. Pour le moment, c’est ce qui me convient.

Pendant ce processus d’épuration, j’ai lu Digital Minimalism de Cal Newport (son livre Deep Focus s’avère aussi une lecture éclairante). Ce livre a confirmé mes choix.

Je souhaite consacrer mon temps à des projets importants pour moi comme l’écriture, la lecture, mon boulot et ma famille. J’arrête les excuses.

Je résumerais ce livre ainsi :

Incarne tes valeurs jusqu’au bout, dans ta vie comme dans ta relation avec les réseaux sociaux.

Ça veut dire quoi incarner ses valeurs?

C’est de poser les gestes nécessaires pour vivre ses valeurs. C’est prendre soin de sa santé en se bougeant les fesses quand on considère que l’exercice physique soutient notre santé, c’est écrire quand on veut publier un livre, c’est utiliser son temps en éliminant les réseaux sociaux qui ne correspondent pas à ses valeurs. C’est te choisir et comprendre que ton temps est précieux.

Je dis ça simplement, mais c’est difficile d’incarner ses valeurs. Je rush souvent à écrire et à bouger. Je perds encore parfois un temps précieux à défiler mon fil de n’importe quel réseau social. 

Sommes-nous rendus à trouver que l’instant vécu est plus plate si on ne le documente pas sur un de nos réseaux sociaux?

Grâce à mes enfants, je me retiens d’en faire trop sur les réseaux sociaux. Je préserve une grosse partie de ma vie personnelle, surtout celle de mes enfants.

J’évite de consulter frénétiquement mon téléphone en leur présence et j’applique les mêmes règles qu’eux. À mon avis, le parent a besoin de revoir sa relation avec les réseaux sociaux et son temps d’écran avant d’établir des limites à ses enfants.

Si toi aussi, tu te questionnes sur tes valeurs et comment tu utilises ton temps sur les réseaux sociaux, ce livre t’aidera. Il est maintenant disponible en français.

Voici ce que j’ai retenu de ce livre.

Pourquoi les réseaux sociaux sont-ils si addictifs?

C’est beaucoup en raison (même si on dit que non et qu’on se fout des likes) de notre besoin d’approbation sociale et du renforcement positif que procure la consultation de nos réseaux sociaux.

Quand on voit les likes monter, notre cerveau sécrète de la dopamine. Puisqu’on ne sait pas quand notre prochain like ou commentaire s’affichera, on regarde nos réseaux d’innombrables fois par jour. Chaque fois, une petite étincelle avive notre cerveau. Ça fait du bien, momentanément. Et c’est pour ça qu’on recommence. Surtout que c’est imprévisible, faut donc revérifier à l’infini.

Au départ, on clame que c’est utile pour rester en contact avec nos amis et notre famille, mais en fait ça vient brimer notre autonomie, notre souveraineté à utiliser notre temps selon nos valeurs.

Oui, les réseaux sociaux sont utiles, ils sont puissants pour faire ressortir des injustices et des causes importantes, mais une fois les nouvelles prises sur matante Ginette, on devient subjugué par notre fil, de peur de manquer une nouvelle, un fait divers ou une publication virale.

Au-delà des trucs et des astuces pour diminuer sa consommation, posons-nous des questions:

  • Est-ce que ce réseau social soutient mes valeurs?
  • Est-ce que Facebook (ou autre) me permet d’interagir avec les personnes que j’estime ou suis-je seulement une spectatrice de leurs vies sans réellement connecter?
  • Est-ce que de consulter Facebook ou Instagram en défilant à l’infini chaque soir concorde avec mes valeurs? 

Pour rétablir notre autonomie et notre contrôle, on doit revoir notre relation profonde avec les réseaux sociaux.

Il ne s’agit de réfléchir à notre utilisation des réseaux sociaux, à nos comportements et au temps passé sur ces derniers. C’est le temps de rebâtir sa relation aux technologies et d’utiliser celles qui correspondent à nos valeurs.

L’une des façons de revoir son rapport aux réseaux sociaux est d’adopter une approche plus minimaliste.

Définition du minimalisme numérique

Cal Newport définit le minimalisme numérique de la façon suivante:

A philosophy of technology use in which you focus your online time on a small number of carefully selected and optimized activities that strongly support things you value, and then happily miss out on everything else.

Digital Minimalism Cal Newport

J’aime cette définition, car elle nous encourage à choisir avec intention les réseaux sociaux sur lesquels on veut être et qui nous apportent de la valeur.

Quand on adopte le concept de minimalisme numérique, on analyse son utilisation actuelle du numérique et on se questionne ensuite sur la valeur que cet usage nous apporte. Est-ce que le temps que je passe sur les réseaux vient soutenir mes valeurs?

Une analyse coût/bénéfice peut aider à faire le ménage de son utilisation des réseaux sociaux. Tu calcules le temps passé sur un réseau par semaine et tu établis ce que ce temps passé t’a apporté. Bref, as-tu l’impression que ce temps est bien investi? Bien sûr, le temps passé peut se mesurer en plaisir et non seulement sur son aspect utilitaire. Il s’agit plutôt de voir si ce temps passé sur un réseau t’empêche de te consacrer à des projets importants, comme écrire un livre, mettons.

C’est cette analyse qui m’a fait comprendre que de désactiver mes pages Facebook était la meilleure façon pour moi de me libérer du temps pour écrire.

Ce qui intéresse le minimaliste numérique, c’est d’utiliser son temps à des projets de valeur qui font de sa vie une vie bonne (The Good Life). À toi de te demander, c’est quoi une vie bonne pour toi.

Le minimaliste numérique trouve de la valeur dans les réseaux sociaux qui répondent à ses valeurs et fait fi du FOMO. Pour ma part, partager mes lectures sur Instagram vient directement répondre à mon besoin de propager le bonheur et les bienfaits de la lecture. Je trouve qu’Instagram est la plateforme la plus adéquate pour incarner cette valeur.

Les principes du minimalisme numérique

Le minimaliste numérique adhère à ces principes:

  • Éviter la surcharge numérique qui t’éloigne des projets qui te tiennent à cœur. Bref, choisir d’exercer son libre arbitre quand on utilise les réseaux sociaux.
  • Optimiser les usages numériques en choisissant quel réseau utiliser et comment l’utiliser (horaire, temps limite, retirer les apps sur ton téléphone, etc.). Si tu utilises de plus en plus Twitter, est-ce que les bénéfices se décupleront? Si j’utilise moins Twitter, qu’est-ce que je perds? Est-ce que ça en vaut la peine?
  • Être intentionnel dans ses usages numériques, c’est gratifiant.

Ensuite, l’auteur propose des façons d’adopter le minimalisme numérique (façons que tu peux adapter à ta réalité):

  1. Définis tes propres règles (p. ex.: pas de réseaux sociaux le matin en se levant, pas d’écran après 20 h ou bien pas d’apps sur le téléphone mobile, pas d’écran dans la chambre).
  2. Prends une pause de 30 jours sans réseaux sociaux (ou 30 jours à suivre les règles que tu as mises en place au point 1). Il s’agit de se retirer des réseaux pour un certain temps pour ensuite les réintroduire avec intention. L’auteur ne suggère pas de faire une cure pure et dure si ton travail consiste à gérer des plateformes de réseaux sociaux. On voudrait pas que tu perdes ta job!
  3. Réintègre les réseaux qui te conviennent, revois tes règles, ajuste-les avec intention. Bref, reprends le pouvoir sur ton autonomie.

Le journaliste techno Matthieu Dugal a tenté l’expérience du minimalisme numérique et nous offre ses réflexions

Non, je n’ai pas fait de cure et je ne pense pas en faire. J’ai toutefois revu en profondeur mes usages numériques.

Je crois qu’en lisant ce livre tu ne peux pas faire autrement que d’analyser ta présence en ligne et d’agir pour vivre selon tes valeurs.

Retrouver son pouvoir d’autonomie en contrôlant soi-même ses usages numériques, et non l’inverse, c’est extrêmement satisfaisant.

Et que feras-tu avec tout ce temps retrouvé?

Minimalisme numérique ou comment gérer sa présence en ligne sans perdre son autonomie. Suggestion de lecture Digital Minimalism | Une lecture à la fois

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée.